Aller au contenu

Détection du vol de carburant

Détecter le vol de carburant dans une flotte de camions

Confrontez chaque transaction de carte carburant à la hausse du niveau dans le réservoir. Les données utiles, les signaux à suivre et un examen équitable.

Mis à jour · 8 min de lecture

La méthode la plus fiable pour détecter le vol de carburant dans une flotte de camions consiste à confronter chaque transaction de carte carburant à ce qui est réellement arrivé dans le réservoir. Pour chaque plein, prenez la hausse de niveau transmise par la jauge CAN/FMS du camion, convertissez-la en litres, ajoutez le gasoil consommé pendant le remplissage (via le compteur CAN de consommation totale) et comparez le résultat aux litres de la transaction. Si le camion se trouvait à la station au moment où la carte a été utilisée et que le réservoir a augmenté à peu près de ce qui a été payé, le plein est en ordre. Si des litres ont été payés sans jamais arriver dans le réservoir, ou si le niveau a baissé pendant que le camion était stationné, vous avez une question à poser à quelqu’un. Le lieu, l’heure et une tolérance raisonnable transforment cette comparaison en une courte liste de dossiers qui méritent vraiment un examen.

Pourquoi le vol de carburant est difficile à voir dans une flotte de camions

Le gasoil disparaît par petites quantités, réparties sur de nombreuses cartes, chauffeurs, stations et journées. Une facture de carburant indique ce qui a été payé, pas où le carburant est allé. Une consommation moyenne sur un mois masque sans peine un seul jerrican de 80 litres. Et la plupart des flottes consultent les cartes carburant et la télématique dans des outils séparés : personne ne met les deux côte à côte.

Les schémas courants, sans ordre particulier :

  • Carte utilisée pour un autre véhicule. La carte carburant remplit une voiture privée ou un second véhicule, souvent dans une station sur l’itinéraire ou à proximité.
  • Remplissage de jerricans ou de fûts. La transaction est réelle, mais une partie part dans un bidon plutôt que dans le réservoir.
  • Siphonnage. Du gasoil est prélevé dans un camion stationné, souvent la nuit ou sur un parking non surveillé.
  • Détournement à la pompe de votre propre dépôt. La pompe du dépôt enregistre plus de litres que le camion n’en reçoit.
  • Tickets gonflés ou manipulés. La quantité, le prix unitaire ou le total ne correspondent pas à un plein plausible.

Aucun de ces schémas n’apparaît dans un rapport mensuel des coûts. Tous laissent une trace dès que vous comparez la carte et le réservoir.

Les données nécessaires

Pour contrôler correctement les pleins, il vous faut trois sources, reliées par véhicule et par heure :

  • Les transactions de carburant. Issues des exports ou des factures de vos cartes carburant, et des relevés de la pompe si vous faites le plein au dépôt. Il vous faut l’heure, la station ou la pompe, la quantité, le prix unitaire, le total et l’identifiant de la carte ou du véhicule.
  • Le niveau du réservoir. Le pourcentage de niveau fourni par le bus CAN ou l’interface FMS, lu par votre boîtier télématique.
  • La consommation et la position. Le compteur CAN de consommation totale et la position GPS du camion, pour savoir combien a été consommé et où le camion se trouvait.

Si votre télématique ne transmet que la position, vous pouvez toujours vérifier où la carte a été utilisée. Vous ne pouvez pas vérifier combien est arrivé dans le réservoir.

Comment rapprocher une transaction de carte carburant du réservoir

Cherchez l’arrêt, pas l’heure du terminal

L’horloge d’un terminal de paiement et celle de la télématique concordent rarement à la minute près. Plutôt que de vous fier à l’heure du ticket, cherchez le moment où le camion s’est réellement arrêté près de la station : par exemple à moins de 100 mètres, au pas ou moins vite, pendant au moins quelques minutes. Cet arrêt indique où le plein a eu lieu, et vous dit du même coup si le camion était bien à la station.

Convertissez la hausse de niveau en litres

Une jauge transmet un pourcentage, pas des litres. Apprenez pour chaque véhicule le nombre de litres par pour cent à partir de pleins fiables, puis calculez :

litres dans le réservoir = hausse du niveau × litres par pour cent + consommation pendant la hausse du niveau

Ce second terme compte lors de longs pleins moteur tournant, ou lorsque le niveau est lu un certain temps après l’arrêt de la pompe.

Tenez compte des limites de la jauge

Les jauges de carburant sont imprécises. La forme du réservoir, un parking en pente et le ballottement après un freinage faussent la lecture. Une partie du gasoil se trouve au-dessus du point que la jauge peut mesurer : lors d’un plein complet, on voit donc souvent un peu moins que ce qui a été pompé. Règles pratiques :

  • Ne lisez le niveau que lorsque le camion est stationné sur un sol plat.
  • Travaillez avec une tolérance : une valeur par défaut raisonnable est la plus grande entre 5 litres et 2 % du réservoir, à ajuster par véhicule.
  • Acceptez un léger manque lors d’un plein complet s’il reste dans la marge prévue pour le « gasoil caché au-dessus de la jauge ».

Donnez à chaque plein un seul verdict

Chaque plein doit aboutir dans une seule catégorie. L’examen reste ainsi court et équitable :

VerdictSignification
Conforme au réservoirLe réservoir a augmenté de ce qui a été payé.
Dans la margeUn petit écart, dans la tolérance.
QuestionHors tolérance : ce sont les litres inexpliqués.
Pas de carteLe réservoir a augmenté, mais aucune transaction n’est arrivée dans le délai d’attente.
Pas de hausseUne transaction sans hausse correspondante dans le réservoir.
Non appariéUn problème de données, pas du gasoil manquant.

Laissez aux données des cartes carburant le temps d’arriver avant de classer un plein en « pas de carte » : certains exports et factures n’arrivent que plusieurs jours plus tard. Comptabilisez aussi les doublons une seule fois : une même transaction peut figurer dans un export journalier et sur la facture.

D’autres signaux à contrôler

Comparer les pleins au réservoir permet de repérer l’essentiel. Quelques règles simples couvrent le reste :

  • Carte utilisée loin du camion. La station se trouve à plusieurs kilomètres de l’endroit où le camion stationnait autour de l’heure de la transaction.
  • Carte à deux endroits à la fois. Deux transactions dont la distance et le temps supposent une vitesse impossible.
  • Plein plus grand que le réservoir. Plus de litres que le réservoir ne peut contenir.
  • Transaction invraisemblable. Un prix au litre, une quantité ou un total impossible.
  • Mauvais carburant pour le moteur. De l’essence comptabilisée sur un camion diesel, par exemple : un indice fort que la carte a rempli un autre véhicule.
  • Plus d’achats que la distance ne l’explique. Sur quelques semaines, les litres achetés dépassent nettement ce que le compteur CAN indique comme consommé.
  • Baisse de niveau pendant le stationnement. La signature classique du siphonnage.
  • Plus payé que ce que le réservoir a reçu au dépôt. Un détournement à la pompe sur votre propre site.

Fixez un seuil minimal, pour qu’un écart d’arrondi de 6 litres ne devienne jamais un dossier, et permettez de désactiver des règles pour les véhicules dont les données sont connues comme peu fiables.

Examiner un dossier de manière équitable

Un écart entre la carte et le réservoir est une question, pas une accusation. Les jauges dérivent, les données arrivent en retard, un groupe frigorifique peut tourner sur le même réservoir, un véhicule peut avoir changé de carte. Montrez d’abord les faits : le plein, l’arrêt sur la carte, le niveau avant et après, et les litres inexpliqués. Interrogez ensuite le chauffeur ou le dépôt. Restez factuel : un verdict, une phrase, quelques chiffres. Les dossiers qui relèvent d’un problème de données doivent mener à une correction des données, pas à une note dans le dossier d’un chauffeur.

Liste de contrôle

  • Rassemblez en un seul endroit les transactions de tous vos fournisseurs de cartes carburant et de vos pompes de dépôt.
  • Vérifiez que votre télématique transmet le niveau CAN du réservoir, le compteur CAN de consommation totale et la position GPS.
  • Rapprochez chaque transaction de l’arrêt réel du camion, pas de l’heure du ticket.
  • Apprenez les litres par pour cent de chaque véhicule ; lisez le niveau camion à l’arrêt sur sol plat.
  • Travaillez avec une tolérance (commencez par la plus grande valeur entre 5 L et 2 % du réservoir).
  • Donnez à chaque plein un seul verdict et n’examinez que les questions.
  • Ajoutez des règles pour le lieu, la vitesse impossible, les pleins trop grands, le prix et le type de carburant.
  • Surveillez les baisses de niveau pendant le stationnement.
  • Comptabilisez les transactions en double une seule fois.
  • Examinez les dossiers avec les faits à l’écran avant de parler à qui que ce soit.

Comment Konvoi procède

La détection du vol de carburant de Konvoi fonctionne comme décrit dans ce guide. Konvoi lit les transactions de carburant ligne par ligne depuis AS24 (exports XLSX, versions néerlandaise et française), IDS, Romac (y compris les volumes de GNL et de bio-GNL) et les pompes de dépôt ProFleet (CSV), et lit par IA les factures DKV, TotalEnergies, Q8 et d’autres cartes carburant. Les doublons, comme une même transaction dans un export journalier AS24 et sur la facture, ne sont comptabilisés qu’une fois. Le niveau du réservoir, la consommation et la position proviennent de la télématique, par exemple Transics et Ruptela ; la liste complète figure sur la page intégrations.

Chaque plein est situé à l’endroit où le camion s’est réellement arrêté (à moins de 100 m, à 5 km/h ou moins, pendant au moins 3 minutes) et reçoit un seul verdict : conforme au réservoir, dans la marge, question, pas de carte (Konvoi attend jusqu’à 7 jours une transaction), pas de hausse ou non apparié. La tolérance par défaut est la plus grande valeur entre 5 L et 2 % du réservoir, réglable par véhicule.

Fuel Watch y ajoute des détecteurs. Par défaut : carte utilisée à plus de 5 km de la position GPS du camion dans un intervalle de ±30 minutes ; transaction invraisemblable ; plein plus grand que le réservoir ; carte à deux endroits à la fois (vitesse supposée supérieure à 120 km/h) ; mauvais carburant pour le moteur ; plus d’achats que la distance ne l’explique (fenêtre de 30 jours, au moins 60 L et 10 % de trop, sur la base du compteur CAN de consommation) ; pleins constatés dans le réservoir sans transaction ; siphonnage pendant le stationnement ; et plus payé que ce que le réservoir a reçu à la pompe (au moins 30 L et 10 % de manque). Aucun dossier ne s’ouvre en dessous de 15 L. Chaque détecteur ouvre un dossier carburant à examiner, peut être désactivé par espace de travail et mis en sourdine par véhicule, et ses seuils sont réglables.

Le principe : « montrer d’abord, accuser ensuite ». Un dossier est une question qu’une personne examine. Konvoi affiche aussi la consommation en L/100 km par véhicule et par chauffeur. Les modules sont détaillés sur la page tarifs.

Questions

Quelle est la méthode la plus fiable pour détecter le vol de carburant dans une flotte de camions ?

Comparer chaque transaction de carte carburant avec la hausse du niveau du réservoir, lue par la jauge CAN/FMS, et avec le compteur CAN de consommation totale. Les litres payés qui ne sont jamais arrivés dans le réservoir sont ceux sur lesquels il faut poser la question.

Une jauge de carburant suffit-elle à prouver un vol de gasoil ?

Non. Une jauge est imprécise à cause de la forme du réservoir, de la pente et du ballottement, donc un écart entre la carte et le réservoir est une question à examiner, pas une preuve. Travaillez avec une tolérance et lisez le niveau lorsque le camion est à l'arrêt sur un sol plat.

Comment repérer un siphonnage sur un camion à l'arrêt ?

Cherchez une baisse du niveau du réservoir pendant que le véhicule est stationné, contact coupé et sans consommation. Comparez le niveau juste avant et juste après l'arrêt, chaque fois lu camion immobile.

Quelle tolérance prévoir entre la carte carburant et le réservoir ?

Un bon point de départ est la plus grande valeur entre 5 litres et 2 % de la capacité du réservoir, à ajuster par véhicule une fois que vous connaissez le comportement de sa jauge. Lors d'un plein complet, un léger manque peut correspondre au gasoil situé au-dessus de la plage de mesure de la jauge.

De quelles données ai-je besoin pour détecter le vol de carburant ?

Des transactions de carte carburant avec l'heure, la station, la quantité et le prix, ainsi qu'une télématique qui transmet la position GPS, le niveau CAN du réservoir et idéalement le compteur CAN de consommation totale. Si vous faites le plein à votre propre dépôt, il vous faut aussi les relevés de la pompe.

Passez votre flotte en
pilote automatique

Une seule plateforme pour toute votre activité de transport : télématique en direct, documents de conformité, carburant, chauffeurs et inspections.

  • Accès anticipé à la bêta privée
  • Résiliable à tout moment
  • Conforme au RGPD
Rejoindre la liste d’attente